À propos

Artiste pluridisciplinaire, Sarah Dufaure (33 ans) a, entre autres, exploré durant 20 ans, diverses formes d’arts graphiques dans ses multiples créations. Elle a travaillé différentes techniques dont l’image était le centre névralgique ; la photographie ayant toujours été son médium de coeur bien que sa volonté de toujours mieux faire l’ait empêchée de dépasser l’exposition de sa sensibilité. Mais son besoin d’exprimer sa perception du monde à réussit à vaincre ses phobies. C’est ainsi qu’elle assume dorénavant de proposer le regard qu’elle porte sur la complexité d’être.

NOTE D’INTENTION

Mon travail photographique est une thérapie. Avant de prendre l’appareil, je souffrais autant de Scopophobie que de Blemmophobie. Ces deux noms un peu barbares désignent une peur d’être regardée. La première exprime l’angoisse d’attirer l’attention sur soi en public et la seconde celle du regard d’autrui porté sur le corps. Pendant longtemps, j’ai préféré garder dans l’écrin de mon atelier les images que je prenais. Jusqu’au jour où, à force de voir et figer l’image d’autres, admirative de leur force, de leur sincérité et de leur courage, j’ai pu vaincre le regard que je portais sur moi-même.

Ce projet a commencé en proposant à des personnes de poser dans toute leur humanité. Et ce, afin, qu’elles puissent, elles aussi, se voir autrement, se redécouvrir, en dépassant les diktats sociétaux et les injonctions diverses. C’est dans ces moments de partage avec les modèles, qui comme beaucoup, et ce, malgré leur puissance, posent sur eux-mêmes un regard sévère, que chacun s’affirme, se libère et s’assume.

Pour se faire, j’utilise la technique de l’anaglyphe afin d’amener à observer minutieusement chaque détail et, ainsi, à s’immerger dans le corps physique et psychologique du sujet. Par la photographie, je raconte une histoire, une féminité, un sentiment, des combats et des révoltes intérieures, des états d’être, des moments de vie.